Amusant le coup de Peer qui s'auto-programme pour trouver intéressant des trucs que Kate (qui finalement s'accroche bien plus à l'humanité qui lui reste) considère complètement abrutissants. Et la façon dont Peer se "suicide" à la fin est poignante et en même temps d'une logique implacable.
La physionomie et le fonctionnement de la société lambertienne en fait une espèce d'alien (j'avais envie d'écrire "extra-terrestre", mais ça serait étymologiquement faux) radicalement différente de l'humain, jusqu'à rendre difficile sa compréhension même. Paul (et Egan derrière son épaule) voulait une espèce animale qui soit le fruit d'une évolution "naturelle", et non d'une création ex-nihilo par un ordinateur : c'est réussi.
Ceci dit j'ai trouvé la fin un peu en dessous du reste du bouquin (sauf la toute fin avec Paul qui se reprogramme, et Maria qui ne sait pas trop qu'en penser). En fait je pense que j'ai préféré la première partie à la seconde, un peu trop abstraite et coupée des relations que je trouvais passionnantes entre monde réel et réalités virtuelles.
Par contre je ne comprends pas comment sont crées les générations suivantes (ce sont des programmes crées de toute pièce ?)
Ben théoriquement les copies originales (ouh le bel oxymore) sont aussi des programmes, donc rien ne les distingue véritablement des générations suivantes (en dehors de leurs souvenirs, mais même cela peut être édité!).
Bilan positif pour ma part : j'ai été assez soufflé par toutes les questions soulevées dans le bouquin, je sens que c'est un truc qui va me travailler pendant un moment. Je suis un peu frustré de ne pas voir compris tous les aspects techniques de l'intrigue, mais au final pas tant que ça puisque ça ne m'intéresse pas outre mesure (du coup je n'ai pas l'impression d'être passé à côté de quelque chose qui m'aurait plu) et ça ne m'a pas empêché de comprendre l'histoire en elle-même (je pense). J'imagine que quelqu'un avec un bon background scientifique y trouverait une source supplémentaire de plaisir ceci dit.
@Vert je te trouve bien réservée, moi quand un bouquin me passe au dessus de la tête c'est pas "je n'ai pas d'avis", c'est "je n'ai pas aimé".
Je considère que pour me plaire un bouquin ne doit pas seulement être "bon" dans l'absolu (ou pire, aux yeux des critiques bien éduquées), mais aussi avoir su m'accrocher, me plonger dans son univers et titiller mon imagination et mon esprit. Si c'est raté, c'est raté, et c'est pas parce que c'est considéré comme un "classique" que je vais me gêner pour le dire (c'était le cas avec Tous à Zanzibar récemment par exemple).